Warning: include(/home/societec/public_html/password_protect.php): failed to open stream: No such file or directory in /home/societec/public_html/chapitres/soleil.php on line 1

Warning: include(/home/societec/public_html/password_protect.php): failed to open stream: No such file or directory in /home/societec/public_html/chapitres/soleil.php on line 1

Warning: include(): Failed opening '/home/societec/public_html/password_protect.php' for inclusion (include_path='.:/opt/cpanel/ea-php72/root/usr/share/pear') in /home/societec/public_html/chapitres/soleil.php on line 1
"Le Soleil"

XIX. LE SOLEIL





Comme il la remettait
Un qu'un peu il se découvrait ;
Le grand saint Éloi
Lui dit : Ô mon roi !
Vous avez la peau
Plus noir' qu'un corbeau.
Bah, bah, lui dit le roi,
La reine l'a plus noire que moi.





On voudrait bien que la fête continue, remmailler le tissu, stopper la nuit comme on fait d’un vêtement accidenté, mais comment oublier cette joute de poètes et la retraite des bérets noirs ? Une conférence de presse s’improvise où le vicomte est mis sur la sellette.

QUESTION – La valeur marchande du bijou justifiait-elle ce déploiement ?

ANDRESY – Un fac-simile eut aussi bien faire l’affaire, voire une photo. La bande du Père Voluta, ses tenants et aboutissants tiennent moins au bijou qu’au désir qu’il ne tombe pas en possession de personnes qui en sauraient l’usage.

QUESTION - L'usage?

ANDRESY - Il s'agit d'un objet qui, par la disposition des pierres sur l'anneau, donne le chiffre d'un coffre-fort et sa clef.

QUESTION – La perte du bijou mettrait donc le Père Voluta dans la nécessité de changer le chiffre et la clef ?

ANDRESY – Mieux encore, si l’on entend par « chiffre » ce qui, par vision du bijou, permet de déterminer l’emplacement du trésor, c’est le coffre qu’il faudrait changer, autrement dit, transférer le trésor.

QUESTION – Dans ces condition comment le Père Voluta peut-il être assez imprudent pour produire en public un objet aussi précieux ?

ANDRESY – C’est que son analyse n ‘est pas terminée, ni par l’Eglise, ni par ses adversaires, et qu’il faut compter sur un hasard pour permettre l’interprétation complète. Il se pourrait fort bien, par exemple, que la fable de Charlot, ou le disque des Beatles, ou les dix-sept ans de trois enfants, ou le chant nocturne des canaris, ou n’importe quoi ce soir, puisse, en y raisonnant bien , fournir l’élément qui faisait défaut et permettre de tout ordonner. Il me faut ajouter par ailleurs que, même en sa nature symbolique, le bijou, n’a plus de valeur, le trésor ayant été transféré par son gardien entre 1892 et 1894.

QUESTION – Et le Père Voluta ne s’en doute pas ?

ANDRESY – il le sait, mais vous allez comprendre. Supposez qu’un trésor soit accessible par une piste géniale, et qu’un jour la piste soit éventée. Le nouveau gardien, mis dans la nécessité de transférer le trésor, va fabriquer une nouvelle piste qui ressemblera d’autant plus fort à l’ancienne qu’il lui aura fallu pour la décrypter un génie égal à celui de son inventeur. Ainsi le parfaite connaissance d’une piste désuète entraine automatiquement celle de la nouvelle.

QUESTION – Ne peut-on concevoir de gardien idiot ? Prenez, par exemple le cas du gardien génial qui lègue son secret à un fils beaucoup moins bien doué que lui.

ANDRESY – Par le célibat qui leur est imposé les prêtres sont les meilleurs gardiens de trésors que l’on puisse concevoir. L’on connait, certes, des prêtres qui ont engendré, mais l’on n’en voit pas qui aient pu entretenir de rapports très intime avec leur progéniture. L’on peut, certes, concevoir une succession héréditaire du trésor chez les laïques dans la cas particulier de l’enfant unique, mais en ce cas même l’hérédité n’est pas authentique ; la piste demeure accessible à tous et tout ce que peut faire le père gardien est de persuader sa progéniture des beautés intrinsèques de la piste.

UKULELE – « No preguntes por saber
« Que te le dirà el tiempo
« Que no hay cosa màs bonita
« Que saber sin preguntar. »

Ici s’achève la conférence, laissant les participants excités et déçus. Les Andresy en proposant une autre, plus confidentielle aux « Indes Noires » où il y a boire et à manger. Anne, Charlot, Sauveur et Joseph se laissent entrainer. La nuit est sans un souffle et le gravier noir ne fait pas un bruit quand lui marché dessus. Dans la maison pourtant la lumière éclate comme pour un conseil de révision qui permet aux demandes et aux réponses de se lever, de se faire voir et d’aller se rhabiller.

ANDRESY – Bernadino Luigi, élève de Léonard da Vinci fut, en 1498 chargé de composer une « Sainte Famille » dont l’interprétation correcte permettrait découvrir un fabuleux trésor. Une belle propagande servait la toile. L’on ne manque jamais de dire aux fidèles qu’il avaient devant eux un rébus dont la lecture correcte menait à la Fortune. A force d’alimenter cette propagande il arriva que les fidèles prirent « La Fortune » en son sens le plus mystique, comme cela s’était produit pour les « Béatitudes » ou pour le « Graal ». Enfin la propagande atteignait son but réel, de duper toute le monde, à commencer pas les propagandistes eux- mêmes.

Quatre siècles plus tard, en 1776, vint un homme qui avait une âme de gardien. Cet homme sut interpréter la « Saint Famille » de Luini, transféra le trésor et fabriqua la piste « Stella Maris » dont il était question cette nuit: à une Vierge étoile de mer sont dédiées les sept Abbayes du pays de Caux.

Une déclaration malencontreuse du général Boulanger, ministre de la guerre, eut pour effet de nécessiter une réfection de la piste et une élimination de l’indiscret. La nouvelle piste fut celle du bijou qui vous est passé entre les mains, la Pierre du Trou qui garda sa valeur de 1886 à 1892. Un contrat fut alors passé entre le 13eme Rose-Croix et l’abbé Saunière, cure de Rennes-le-Château pour fabrication d’un nouvelle piste actuellement constituée pas son église, sa villa et sa forteresse.

Bien entendu l’abbé Saunière avait dû, comme tous les gardiens qui le précédèrent déchiffrer l’ancienne piste avant de tracer la sienne propre. La période 1886-1892 représente effectivement le temps que mit ce petit curé à décoder.

CHARLOT – Comment concevoir qu’une énorme fortune soit mise à portée d’un malheureux petit curé plutôt que de son évêque ou du Président de la République ?

ANDRESY – C’est qu’il n’est pas à la portée des grands de ce monde de passer inaperçu dans le paysage de Rennes.

CHARLOT – D’où il suit que l’abbé Saunière succédait à un gardien local ?

ANDRESY – A l’abbé Boudet, petit curé de Rennes-les-Bains, dont l’ouvrage « La vraie langue celtique » (Carcassonne 1886) donnait une piste du trésor que la Rose-Croix jugea trop indiscrète.

CHARLOT- En quoi le pays de Rennes se prète-il à la dissimulation d’un trésor ?

ANDRESY – Il y a là-bas une multitude de grottes, comme aux Canaries, parfois reliées entre elles à la manière d’un labyrinthe, et dont la plupart n’ont jamais été explorées. La piste donnée par le bijou du Père Voluta et par l’ouvrage de l’abbé Boudet désignent la vieille mine de jais située au sud de Rennes sur le mont Sebairou. L’orifice est sous un endroit que nous n’avons cessé d’évoquer devant vous par le nom de Pierre du Trou, du Pain, du Pin. Ayant découvert l’endroit et le trésor en 1892, l’abbé Saunière eut deux ans pour le vider.

ANNE – Mais vider où ?

ANDRESY – Nous avons tous notre idée là-dessus. Disons que la meilleure cachette d’un trésor est l’endroit mille fois exploré, parce que l’on n’y reviendra plus. Le trésor se trouve en des lieux qui l’ont abrité autrefois, et c’est sous cet angle que les anciennes pistes valent la peine d’être examinées.

CHARLOT – A supposer que la piste de l’abbé Saunière demeure en vigueur, de quelle manière faut-il l’interpréter ?

ANDRESY – Il faut se rappeler que l’on est prêtre « in aeternum », mais curé par contrat révocable avec le diocèse. Alors on prêtera une attention particulière au temps où l’abbé Saunière, révoqué de sa cure par l’autorité pontificale, n’en demeurait pas moins un prêtre disant sa messe dans sa paroisse. Ainsi peut-on en déduire que l’architecture de Rennes-le-Chateau présente des anomalies invisibles au simple visiteur mais évidentes à l’initié. Constructeur de son église paroissiale, un curé n’est plus curé et, pour cette raison, signe la piste avec sa disgrâce.

CHARLOT – Donnez-nous un exemple concret.

ANDRESY – La chaire. Réfléchissez en effet que le curé redevenu prêtre a dans l’église tous les droits sauf un, celui de monter en chaire, à moins bien sûr, d’une autorisation de son remplaçant que, bien sûr, il ne sollicitera pas. Pour deviner qu’il y a une part du secret dans la chaire il n’est même pas nécessaire d’aller là-bas.

En fait, l’abbé Saunière, ayant prévu sa déchéance dès 1891, fit alors graver sa chevaliere à la marque du cercle et du lis qu’une famille est chargée de remettre au « Roi perdu » . Hasard trois fois renouvelé, Triangle jeté dans la Nille, écriture ΔM, Trois points gravés sur le cercle donnent la triple anomalie.

ANNE – Que pouvez-vous nous dire de plus solide sur l’histoire et le géographie du trésor ?

ANDRESY – Le trésor de Rennes se répartit au deux zônes , caves de la Reine et citadelle du Roi. Les caves de la Reine sont accessibles par la « Pierre du Pain «  et correspondent à L’Epi dans la constellation de la Vierge. Les Volques Tectosages y ont rapporté le trésor de Delphes, or brut et fondu. Le contenu de cette sache a été vidé par l’abbé Saunière qui a transféré tout, dans la citadelle du Roi. Cette forteresse se trouve sur les 16 à 18 hectares du « Rokko Negro ». Par rapport au centre de Rennes et à la Pierre du Pain, la citadelle se trouve dans le signe des Poissons, elle fut dépôt de pierres précieuses pour le wisigoths du V-ème siècle, d’or et de manuscrits entre 7 II et 7I5 pour les arabes qui y installèrent la sépulture du Grand Romain.

A considérer la totalité du trésor depuis le VIII-ème siècle , sa garde revint aux contes de Raedae comme descendants de la royauté wisigothe par les femmes et de la mérovingienne par les hommes. Quittant les Pyrénées pour la Bretagne ; ces seigneurs remirent la garde du trésor aux Niort et aux Blancheforts jusqu’en II47 où elle passe à une associations des Cathares avec les Templiers du Bézu. En 1244, lors d’une transaction entre les Cathares de Montségur et Blanche de Castille apparait le tradition de la « reine Blanche » et de sa baignoire. Blanche de Castille eut parfaite connaissance du trésor mais n’eut jamais loisir d’y accéder. Saint Louis hérita des connaissances de sa mère, du moins en partie, et les remit a Philippe le Hardi lequel mourut avant d’avoir pu s’on acquitter auprès le Philippe le Bel. L’élimination des Templiers en 1314 fut un coup d’épée dans l’eau tant il est vrai que Jacques de Molay, le grand maitre n’avait guère à ce sujet plus de savoir que ses bourreaux. Il semble que la commanderie des Templiers du Bézu qui ne se sépara qu’on 1319, ne tenait plus de piste complète, ou du moins que la connaissance répartie entre son membres ne put se rassembler.

Le P.S. de qui se réclame votre imprésario est rattaché à la tradition templière depuis 1188, lors de l’ éclatement de Gisors. L’on vit alors un rameau de treize membres, les treize de la Rose-Croix, s’ériger en communauté. Parmi les grande-maitres du P.S. que le public a bien connue on peut citer Nicolas Flamel, le bon roi René d’Anjou et Léonard da Vinci. De nos jours la succession des grande-maitres donne Charles Nodier, Victor Hugo, Claude Debussy et Jean Cocteau. A Rennes cependant les familles d'Hautpoul, de Fleury, de Voisin apiculteurs et vignerons, gardiens des Blés de le Vierge et des Vignes du Roi, assumaient la conservation des abeilles.

ANNE – Quel est le rôle du diable dans cette affaire ?

ANDRESY – Diabolique est cette distance qui sépare le prêtre du curé, le citoyen du fonctionnaire, ce qui fait des hérésies l’âme d’une religion, des révolutions l’âme d’un Etat. Plus concrètement, disons que le diable de l’abbé Saunière ne peut être maitrisé que par l’amour qu’on lui portera.

Sauveur et Joseph sortent de leur assoupissement et demandent si on la mange enfin cette galette. Charlot fait le partage. Un bruit sec, il a sectionné la fève.

CHARLOT – Zut.

ANNE – Quoi ?

CHARLOT – Dans ma culotte, un « cancer canariensis », il me grignotte les entrefaites.

ANNE – Malotru.

CHARLOT – Du vieux français « mal astru », celui qui est né sous la mauvaise étoile.

ANNE – Puriste.

Eteignant étoiles à foison, l’aube est venue.