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"La Lune"

XVIII. LA LUNE





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Le bon roi Dagobert
Voulait embarquer pour la mer ;
Le grand saint Éloi
Lui dit : Ô mon roi !
Votre Majesté
Se fera noyer.
C'est vrai, lui dit le roi,
On pourra crier : « Le Roi boit ! ».





Ancien secrétaire de la Cagliostro, coltineur de bagages et trophées, discoureur sous et sur le tilleuls, Silfax a exercé trente-six métiers. Ce matin il cirait des bottes à Las Palmas, cette après-midi il pilote un taxi vide parmi les austères paysages de l’ile de Lanzarote. Autour de lui ce ne sont que noirs cailloux qu’une colonie pénitenciaire travaillant plus de quatre mille ans, ne serait pas venus à bout de concasser, et où des alignements au blanc de chaux impriment le cadastre en grandeur nature, univers d’autant plus égal à son vaste appétit que rien n’y pousse. Ce ne sont que salines où l’eau de mer n’arrête pas de déchanter bains doux, bains forte, bains de l’arène, palmiers en zinc, chameaux qui picorent, éoliennes si rouillées que l’on doute qu’elles aient jamais tourné. Le plus beau night-club du monde se trouve néanmoins sous cette désolation, l’on y accède par un étroit escalier devant lequel Silfax s’arrête en même temps qu’Anne et Charlot en débouchent.

SILFAX – Si ces messieurs-dames vont à la Plage-Blanche, j’y passe. Mon nom est Silfax. Voici ma carte que monsieur pourra remettre à madame au cas où elle aurait besoin de mes services.
A mesure que l’on approche du but, le paysage s’humanise. Quand on arrive à l'auberge Silfax s’en va, ayant refusé qu’on le paye et même qu’on lui offre le coup .

CHARLOT – Brave type.

ANNE – Charmant. Il m’a proposé de coucher avec lui.

CHARLOT – Qu’est-ce que tu vas chercher là ; il ne t’a pas seulement adressé la parole : - « Veuillez remettre ma carte à madame si elle a besoin de mes services ». Seulement tu te seras dit, douloureux ; « Sacrifions-nous à cette vieille coutume canarienne en matière d’auto- stop.

CHARLOT – Mais non.

ANNE – Mais si.

Etc, etc, etc ... Quand ils entrent dans la salle d’auberge, Joseph achève de garnir les tables avec des fleurs artificielles, naive coutume de ces braves gens qui, sauf l’héliotrope ne supportent pas que l’on décapite les fleurs du bon Dieu pour les introduire dans les maisons.

JOSEPH – C’est la vieille nuit qui commence !

Débat fervent sur ce thème. Pour les Français une vieille nuit est celle de Noël quand le petit Jésus chasse devant lui dans la rue un troupeau d'étrangères seules, jolies, un peu mûres mais pas trop ; ou bien celle du premier janvier quand on jette à la poubelle l’emballage des cadeaux avec la première feuille du calendrier. Mais pour les Espagnols il y à treize vieilles nuits comprimes entre le 25 décembre et le 6 janvier, la plus vieille étant la dernière, celle des Rois parce qu’elle achève les vacances scolaires.

UKULELE – Les voilà !

La noble famille fait son entrée. Le vicomte vêtu de blanc remet à l’aubergiste une gravure galloise représentant le chariot du roi Arthur qui roule à flanc de montagne. Guerin en col roulé et jeans de marque Levi-Strauss escorte sa mère vêtue de noir. Le pick-up à transistors donne « Hello hello », un succès des Beatles, cet hommage folklorique fait rougir le jeune anglo-saxon, et sa gêne fait plaisir à voir. Pour n’être pas de ces turbots réacteurs comme on en fait aujourd’hui et qui donnent de l’urticaire, le turbot fonce dans la bouche. Au dessert Sauveur prend la parole.

SAUVEUR – Le champagne sera offert par le vicomte d’Andresy et milady Pellegrini pour l’anniversaire de leur fils Guérin qui, à peu de jours près, a le même âge que mon fils Joseph. Ainsi que chaque année nos hôtes me font l’honneur d’associer ces deux enfants. Mais il se trouve qu’il y a parmi nous ce soir une dame dont le fils a également dix-sept ans. Nous avons donc convenu que la fête serait donnée pour ces trois enfants conjointement. Tout à l’heure, il y aura bal. Je tiendrai moi-même la guitare, car il n’est pas décent qu’un père danse aux mêmes fêtes de son fils.

L’aubergiste éteint la lampe à pétrole. Joseph apparait sur le seuil de la cuisine, éclairé par le chandelier à sept branches qu’aux accents de la petite musique légère et triste il va déposer devant milady Pellegrini. Celle que chacun connait pour « la Cagliostro » se lève alors et prend la parole.

MILADY – Il y aura toujours, mon fils, des générations pour regretter de se battre, des parents pour regretter d’avoir engendré, des enfants pour regretter d’être nés. Entre nous ce n’est pas le cas. Nous avons fait exprès de t’avoir, et je sais bien que tu es né de ton plein gré. Cela fait dix-sept ans, Guérin, que nous sommes séparés, dix-sept ans que nous désapprenons de nos sentiments réciproques. Pourtant il y a une musique qui n’arrêtera jamais de glorifier ma délivrance et ta liberté, une demie-mesure de musique sauvage quand nous avons chanté en chœur, moi « Viens dehors ! «  et toi « C’est moi ! » Cette musique d’un instant célèbre un enfant que nous ne cesserons pas de concevoir et qui ne sera jamais plus vieux que nous ne somme jeunes. C’est que nous ne somme pas d’ici, nous autres, ni de maintenant, non pas d’hic et nunc, mais d’ailleurs et toujours. Chers Espagnols, sans doute serez-vous surpris, que je sois à la droite de mon mari, et que j ‘aie le privilège du toast. C’est la coutume anglaise au jour des Rois ; mais quand l’enfant nait aux Rois, j’espère que vous la trouverez ingénieuse.

Elle se rassied. Un inconnu crie : « Al’hazard Balthazar ». Tous sans le comprendre scandent le vieux cri provençal.

TOUS – A l’hazard Balthazar ! Al’hazard Balthazar !

Guèrin offre a sa mère le bouquet de fleurs artificielles qui ornait sa table, puis souffle le chandelier. Charlot songe à Roseline éteinte, gentille marchande de bougies. Noir total. Chacun dans sa cage au plafond, et la cœur prisonnier dans la cage thoracique, les deux canaris se prennent à gazouiller. On rallume, mais ce sont les bougies de la galette qui éclairent les visages par en-dessous, comme au théâtre, galette feuilletée que nos ancêtres jetaient au fleuve infernal pour amadouer le chien. L’inconnu qui avait crié tout à l’heure s’est assis à côté d’Anne ; il a déposé sur la table ce livre français sur Chartres dont la présence à l’auberge les avait intrigués.

L’INCONNU – Le Roi boit ! Vive le Roi !

En sortant son mouchoir l’inconnu fait tomber un objet métallique qui sonne par tout.

INCONNU – Pardon, madame sous votre pied.

Charlot soulève le pied d’Anne et découvre le bijou.

CHARLOT – La Reine va-t-elle faire le Roi ?

ANNE – Mais quel drôle de bijou.

INCONNU – Vous ne l’aviez jamais vu ?

CHARLOT – Non.

Mensonge éhonté. Comment ne pas reconnaître la bague que portait Critias avant de mourir. L’inconnu sévère et Charlot mort de trouille se regardent longuement et bêtement. Puis l'inconnu se détourne vers le vicomte.

INCONNU – Rappelez-moi donc, monsieur d’Andresy, où et quand nous nous sommes rencontrés.

ANDRESY – Deux prêtres vous accompagnaient.

INCONNU – Les abbés Claude Bernard et Emile Hoffet ?

ANDRESY – C’était à la Roche du Breuil en 1939. Mesdames, messieurs, je vous présente le Père Voluta. Bonnes vacances, mon Père ?

VOLUTA – Dites plutôt Vaticances car je suis en mission et rendant grâces à la divine Providence qu’Elle ait guidé mes pas vers ce lieu pour la célébration d’un jour aussi noble.

Mazette, se dit Charlot, même au séminaire du Conservatoire, même au cloître de la salle Richelieu où l’on n’e pas coutume de lésiner sur l’onctueux, les manières du P. Voluta sembleraient dépasser les mesures, mais sans doute l’autre s’en est-il avisé tant sa manière de jouer avec la bague tient du Living-Theater quand il se produit devant un public d’andouilles.

VOLUTA – Voici une bague, récent héritage symbolique d’un pénitent. Elle est d’argent à six pierre de couleur : rubis rouge, grenat orangé, topaze jaune, émeraude verte, saphir bleu, améthyste violette. Un jade blanc monté en cheminée, domine les six pierres. Cette bague vous intrigue. Moi aussi, je l’appelle « Pierre du Trou ».

L’anneau roule de mains en mains et revient au Père Voluta de qui l’on demande ce qui entend par « Pierre du Trou ».

VOLUTA – Les paysans associent la Pierre du Trou aux orages.

ANDRESY – Je cite ; « La Pierre du Trou figure avec honneur sur les manteaux de cheminée dans les maisons de nos montagnes. Dans la pensée de quelques-uns elle préserve de la foudre, d’autres inclinent à croire qu’elle écarte certain malheurs ».

VOLUTA – Beauclerc, au Moyen âge, a prétendu que la jade et la pierre philosophale ne se distinguaient pas l’un de l’autre.

ANDRESY – Votre saint tribunal me ferait-il condamner comme alchimiste ?

VOLUTA – Disons (nous jouons au Sphinx) comme grand maître du Temple.

ANDRESY – Mazette. Moi député du Lot, ancien trésorier à la Banque de Greenwich ?

VOLUTA – Et proche parent de ce grand argentier de la Compagnie des Indes qui armait au Havre, nous savons cela.

Anne, Charlot et tous les autres assistants qui n’entendent rien au français suivent la partie avec autant d’intérêt que ces tournois d’escrime dont on ignore les finesses. La voilà bien la guerre en dentelles, sanglante, élégante comme on ne la fait plus. Puis le duel s’engage sur une autre bague, la chevalière du vicomte, sur le chaton de laquelle s’entrelacent deux majuscules A et L.

VOLUTA – Animas Libens ? Auli Libertus ?

ANDRESY – Ou le symbole chimique de l’aluminium. Ou le La de Lanthane.

VOLUTA – Ou LA, sixième degré de la Gamme DO.

ANDRESY – Touché. Félicitation, mon père, vous êtes bien informé.

Toute le monde applaudit. Première manche au Père Voluta sur botte banale.

Intermède musical à la guitare – ukulélé. La deuxième assaut débute par un exposé du Père Voluta sur le jade. L’auditoire devine spontanément que l’adversaire réel est la Cagliostro.

VOLUTA – La jade fait le Roi. Depuis la plus haute antiquité le sceau royal est en jade. C'est la "pierre de lune", la preuve du mandat céleste. Son nom signifie Ardeur. Son eau confère la perpétuelle jeunesse. Tout à l’heure on a demandé si la Reine, après tout, ne faisait pas le Roi. Cela se peut en effet par ardeur amoureuse, quand on porte sa gourde à la Reine d'Amour. L'ardeur latine est CALOR dont l’anagramme est ...

LA CAGLIOSTRO (MILADY) – Et la boule de pin, verte dans l’arène.

Le père Voluta est désarçonné, il dit qu’il ne suit plus, qu’il a un trou. La Cagliostro aurait-elle dit n’importe quoi ?

LA CAGLIOSTRO – Chez les anciens on tuait le taureau dans l’arêne avec une hache de jade en forme de pomme de pin.

Le père Voluta s’incline, ayant perde le second assaut mais d’une manière si abrupte que nul ne songe applaudir. Intermède musical. Troisième assaut lancé par le vicomte.

ANDRESY – Quel est, mon père, la devise de votre anneau ?

VOLUTA – « Ad Lapidem Currebat Olim Regina » médiocre latin signifiant que « vers le pierre courrait jadis la reine ». Cette devise est signalée au XII siècle sur le méridien 0, et plus précisément dans le château de Saint Geneviève des Bois qui fut construit parmi un bois de pins à l’emplacement d‘un cromleck. Le donjon, qui peut héberger 5000 pigeons, est aujourd’hui le plus important pigeonnier dans l’île de France. Ceux que la question intéresse pouvant se reporter au tableau de l’église Saint Mery représentant « Saint Geneviéve gardant ses moutons » où l’on indique le choix entre deux voies royales. Mais comme Cagliostro a repris la devise pour désigner le Pierre du Trou, j’imagine que sur ce sujet vous en savez plus long que moi.

ANDRESY – Joli. Vous avez bien de l’humour, mon révérend, n’est-il pas vrai monsieur Charlot ?

Charlot qui mâchonnait un chewing-gum, manque de l’avaler.

ANNE – Dis quelque chose.

CHARLOT – Sur quoi.

ANNE – Sur les bagues, je ne sais pas moi, sur la nôtre.
Il répose son chewing sur la table et se lève. Faute de dialogue ils auront une fable.

CHARLOT – Par cette nuit royale, je vais vous raconter les mésaventures d’une troisième bague.

1) Il y avait une fois un homme appelé Charlot. De sa famille Charlot avait une bague où l’on voyait un lion rouge émergeant à mi-corps d’une mer bleue et se détachent sur le ciel > doré. Ce qui se dit brièvement en blason « Coupé d’or et d’azur au lion issant de gueules ».

2) Or il advint que ce Charlot rencontre une femme appelée Anne et qu’il se plurent et qu’ils convinrent de porter la bague par jour alternés.

3) Le jour où Anne quitte Charlot elle détache du mur le portrait d’elle qu’elle avait apporté chez eux, mais, dans cette opération, s’entaille la main au sous-verre. A la vision de son sang rouge tombent sur le lion rouge dans la mer, elle fut prise de dégout et laisse la bague.

4) Voyant qu’il ne verrait plus Anne, Charlot partit à Lausanne afin de souffrir confortablement en suisse et loin de lieux où ils avaient vécu, sa bague il mit dans un mouchoir, et le mouchoir avec le linge sale dans son placard d’hôtel.

5) De Lausanne Charlot passe un jour à Rodez où il connut Roseline et Roseline mourut. A peine était il privé de Roseline que Charlot s’avise d’avoir oublié sa bague dans le placard de l’hôtel de Lausanne.

6) L’Hotelier de Laussane a qui Charlot demandait restitution de ce qu’il avait laissé lui dit « Votre linge est revenu de la blanchisserie où il a subi un lavage au détersif bleu. Le voici ».

7) La linge était fort propre mais la bague n’y était pas. Charlot proteste, mais l’hotelier, homme de peu de foi, se retranche derriere les Ecritures; « L’Eternel, dit il, n’est responsable que des objets qui ont été déposé à la réception ».

8) Entendant cette parabole, bien des scribes murmurèrent entre-eux qu’il commandèrent de lapider les hôteliers. Mais Charlot qui s’était remis avec Anne ne partageait pas leur sentiment. « L’hotelier, leur dit-il n’est pour rien dans cette histoire mais bien le blanchisseur qui, confondu la mer de mon blason et le détersif de sa couve, a laissé échapper mon lion sanglant.

9) Or comme les scribes demandaient une prouve, Charlot leur montre du doigt le Père Voluta qui frottait la Pierre du Trou avec son mouchoir humecté de champagne.

Charlot se rassied. Quelques 'un rient, puis tout le monde et même enfin le Père Voluta dont le front s’étoile de transpiration.

CHARLOT – J’ai péché au jugé.

ANNE – Ta ligne taquine le poisson.

VOLUTA – Un peu de musique. Je propose que nous remettions l’épée en custode crainte d’user le fléau de la Justice. Quant à vous, monsieur Charlot, sans doute n’est ce pas tout à fait par hasard > que nous nous rencontrons. Votre devise « Toujours tout droit » ne désigne-t-elle pas un méridien, vos couleurs mi bleu mi rouge ne précisent-elles pas qu’il s’agit du méridien 0 du Paris. Permettez moi donc d’offrir la prochaine tournée et de vous la dédier.

Au moment de lever les coupes la porte de l’auberge s’ouvre. Le vent s’engouffrant dans la salle souffle les bougies du chandelier. Dans l’obscurité il y a un bruit sourd, un mouvement de table qui renverse les bouteilles et la chute d’une chaise. Sauveur allume son briquet et la lampe à pétrole. Le Père Voluta se relève, blème ayant au front une petite blessure.

VOLUTA – Que celui qui a pris cet anneau le remette sur la table

Comme pour lui répondre en entend au dehors le démarrage et l’éloignement d’une voiture.

VOLUTA – Non, le fuyard n’est pas un voleur, mais quelqu'un d’entre nous qui a profité du chahut.

ANDRESY – Pénitence, Pénitence, mon père, un pénitent vous la donna, un autre vous la reprend, que non larcin soit béni.

VOLUTA – Larcin pour un bijou qui valait un empire! et dont Sa Sainteté seule avait droit de disposer ! La Père Voluta examine le sol avec sa lampe de poche. Toute le monde s’accroupit avec lui. Ce qui agace prodigieusement Charlot.

CHARLOT – Et mon chewing-gum que j’avais laissé sur la table et qui je ne retrouve plus, est-ce que je me plains ?

Anne lui envoie un vache coup de pied dans es tibias. Le Père Voluta cependant subit une rapide métamorphose. Dépouillé de son affectation cléricale il donne un coup de sifflet et donne un ordre qui fait redresser toute l’assistance.

VOLUTA – Haut-les-mains.

Une escouade des jaunes gens sortis d’on ne sait où affronte le public, l’un d’eux le plus malabar, a sorti son revolver, les autres pratiquent le vide-poches avec une maestria qui les classe parmi les professionnels.

ANNE – Vos séminaristes, mon Père ?

VOLUTA –Oui.

ANNE – Ils sont rudement bien pour des séminaristes.

Mais quand, de la chaine à la trame, ils auront tout passé au peigne fin, le bijou demeurera introuvable, et le président du tribunal de Perquisition prendre la parole.

VOLUTA – Encore un peu de temps, mes bien chers fils, et vous ne me verrez plus, encore un peu de temps et vous me verrez encore à vous prier de me pardonner ces brutalités proportionnelles à l’importance de notre cause. Buvez, mon cher Guérin ce vin de Reims qui fait les rois. N’ayez cure de cette eau d’AIX breuvage des générations d’usurpateurs. Gloire à l’enfant dont c’était l’anniversaire. La prochaine tournée sera pour moi qui ne serai plus des vôtres. Sauveur, payez vous.

Quant à nous, faisons vinaigre, courons après ce forban dont il nous faut croire qu’il a volé le bijou.
Exeunt le Père Voluta et son escouade. On les entend chanter au dehors les litanies à saint Antoine, patron des objets perdus, et à saint Christophe, gardien de ceux qui vont rouler à toute vitesse en pleine nuit. Ainsi s’achève la nuit du 5 janvier, sommet du Capricorne qui voit sur la terre comme au ciel s’ouvrir la porte à deux battants.